Une lecture à partager, celle de l’interview de Cyril Dion, l’ancien directeur de Colibris, mais aussi acteur, écrivain, cor-réalisateur, etc. Un parcours haut en couleur, multiformes, et puis un burnout, et une nouvelle recherche, parce que peut-être qu’on n’arrête jamais. « Avec ce burn-out, je comprenais davantage pourquoi j’avais cette frénésie à vouloir réparer à l’extérieur quelque chose qui n’était pas réparé en moi. 
J’ai alors pris le temps de guérir cette blessure intérieure car si je ne le faisais pas je risquais de continuer à enchaîner les projets à un rythme effréné et que cela pouvait assez mal finir. »

Et au bout de cette nouvelle quête, une révélation: « La seule façon de faire bouger le monde c‘est de faire ce qui nous passionne le plus dans la vie et d’aller vers qui nous sommes de la manière la plus profonde possible. »

Moi, ça me touche beaucoup, est-ce la saison? Et j’ai envie d’ajouter: c’est non seulement la seule façon de faire bouger le monde, mais aussi la seule façon d’honorer sa vie. Un joli portrait pour commencer l’année et nous inspirer…

D’autant que « …Si nous ne le faisons pas nous prenons le risque de voir se reproduire des comportements de compensations de vides intérieurs : boulimie d’actions, consommer, partir en voyage tout le temps, essayer de dominer, volonté d’accaparer, etc.  (…) 
Je suis content de sortir de la maxime : « Il faut faire des choses pour la planète » et d’avoir compris que l’essentiel réside dans le fait de se réaliser soi-même et c’est alors que l’on est puissamment utile aux autres, en se remettant dans le flot de la vie. »

PS: Cyril Dion a aussi tâté du Forum Ouvert, au sein d’une rencontre Israéliens et Palestiniens, mais il en a pleuré: « Cela a marché de manière absolument incroyable, les participants ont pu aborder des sujets comme la frontière de 1967 ou la révision des manuels scolaires. Et le plus impressionnant pour moi fut le fait que Harrison Owen qui réalisait des Forums ouverts depuis 25 ans n’a pas pu aller jusqu’au bout de la session car le Comité d’organisation a prit peur, voyant les personnes prendre leur autonomie et se diriger vers une issue, ils ont décidé d’arrêter en plein milieu du processus. (…) J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps quand ils ont pris cette décision car je voyais combien ce qui se passait de magique était interrompu pour des raisons politiques. »

Interview complète de Christine Marsan pour UP’ Magazine